Kévazingo : un inventaire national pour assainir la filière bois

Le Gabon s’apprête à lancer une opération d’envergure pour mieux contrôler l’exploitation de l’une de ses essences les plus sensibles : le kévazingo. Du 1er au 14 avril 2026, une mission nationale d’inventaire des stocks sera déployée sur toute l’étendue du territoire afin d’établir un état des lieux précis des volumes disponibles, notamment ceux issus de la période dite « pré-convention ».
Pilotée par le ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, cette initiative s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la gouvernance forestière. Elle vise à recenser aussi bien les grumes que le bois déjà transformé, détenus par les différents acteurs de la filière. En ligne de mire : améliorer la traçabilité des ressources, prévenir les dérives et s’assurer que l’exploitation du kévazingo respecte les normes en vigueur.
Cette démarche répond également aux engagements internationaux du Gabon, notamment en matière de régulation du commerce des espèces protégées. Le kévazingo, essence précieuse et très prisée, fait en effet l’objet d’une surveillance accrue en raison des risques de surexploitation et de trafic illégal. L’opération s’appuie par ailleurs sur le cadre réglementaire national, qui encadre strictement les conditions de son exploitation et de sa commercialisation.
Sur le terrain, des équipes mixtes seront mobilisées. Agents des Eaux et Forêts, forces de défense et de sécurité, mais aussi représentants de la société civile et des médias travailleront de concert. Un dispositif pensé pour garantir à la fois la rigueur des contrôles et la transparence du processus, dans un secteur souvent critiqué pour son opacité.
Cette mission s’inscrit dans la continuité des démarches engagées depuis 2025, notamment les campagnes de déclaration des stocks de kévazingo pré-convention menées au niveau provincial. L’objectif est désormais de consolider ces données, de les vérifier et, le cas échéant, d’identifier les irrégularités.
Au-delà du simple inventaire, l’enjeu est stratégique : il s’agit de reprendre la main sur une ressource à forte valeur économique, tout en protégeant le patrimoine forestier national. Pour les autorités, mieux connaître les stocks disponibles permettra non seulement de lutter contre l’exploitation illégale, mais aussi de poser les bases d’une gestion plus durable et plus crédible de la filière bois.
Le ministre des Eaux et Forêts appelle ainsi l’ensemble des opérateurs à coopérer pleinement. Car de la réussite de cette opération dépend en partie la capacité du Gabon à concilier exploitation économique et préservation de ses ressources naturelles.


